L’ancrage, ou comment voler comme Peter Pan

L’ancrage, ou comment voler comme Peter Pan

Récemment, plusieurs coachés sont venus me voir avec une problématique relativement similaire. Dans leur vie de tous les jours, ils étaient sujets à des crises excessives, du genre pics de colère, replis sur soi intempestifs, ou pire, dépression. Après divers échanges, il est apparu que ces symptômes avaient tous pour origine le même « virus » : leur attention avait placé un ancrage sur les éléments négatifs à l’origine de ces crises, et il leur était impossible de changer leur point de vue.

Un problème de focus

Quel est donc le point commun entre quelqu’un qui explose dans une colère noire quasi incontrôlable, et une autre personne qui est prise d’une crise de panique en plein milieu d’un centre commercial à l’heure de pointe, lâchant tout pour courir se réfugier chez lui ? De prime abord, rien. Mais quand on s’intéresse un peu plus aux détonateurs de ces deux « crises », un coach peut rapidement se rendre compte que les filtres de ces personnes sont orientés de telle façon que les éléments déclencheurs de ces crises sont les seuls qui attirent l’attention. Ils ont tellement peur de faire une attaque, qu’ils se concentrent sur ces éléments, et pensant les cibler pour les gérer, les éviter, ils ne font en fait que les accumuler, pour ainsi mieux éclater par la suite.

Vous avez le pouvoir (mais vous ne le savez pas forcément).

Pour les gens subissant ce genre de désagrément, il apparaît que souvent, le problème vient de la fatalité, de l’entourage, ou bien encore du comportement des autres. C’est une façon de rejeter la faute, de se voiler la face tout en gardant intact son propre ego : « Si je suis en colère, c’est parce que les gens m’énervent ! » OK, mais qu’est-ce qui fait qu’ils t’énervent ? Généralement, personne ne pose réellement cette question. Et au final, toutes leurs tentatives pour résoudre cet achoppement seront vouées à l’échec, car ils traiteront la mauvaise cause. Le principal problème, il est interne. C’est vous le problème. Et c’est une excellente nouvelle. Et si c’est vous le problème, c’est aussi que c’est vous la solution. Vous avez le pouvoir de faire que cette situation cesse, tout simplement en changeant l’angle de votre viseur.

Les évènements ne sont que la façon dont vous les analysez.

Comme l’a très justement dit Stephen Covey : « Nous ne voyons pas le monde tel qu’il est, nous le voyons tel que nous sommes ». Ainsi, la réalité des évènements qui s’offrent à nous n’est que le résultat de l’ensemble des filtres internes auquel cet évènement est soumis. C’est pour cela qu’un même fait peut être interprété de façon totalement différente en fonction des individus. Imaginons quelque chose de bien noir, un attentat. Et bien, il sera vécu autrement par la personne qui a perdu un proche dans cet attentat (le pire moment de sa vie), par un observateur qui regardera cela devant sa télé (une horreur de plus), ou par le groupe même du terroriste sacrifié (une victoire contre le vil ennemi). Et vous pouvez à tout moment décider de changer votre façon de considérer les évènements.

Un ancrage négatif qui vous empêche de faire avancer le bateau

Pour revenir à nos moutons en crise, l’ensemble des filtres internes inhérents à leur personnalité conditionne ainsi leurs réactions, bien souvent par anticipation. Comme dirait Hal Elrod, ils sont atteints du syndrome du « rétroviseur », ils jugent les évènements en fonction de ce qui leur est déjà arrivé, de leurs croyances. Ils regardent les objets, les gens, les faits avec leurs yeux, mais les comprennent à travers l’épurateur de leurs émotions, dérivé de leur propre histoire. Les mauvaises sensations se rappellent toujours à votre souvenir en fonction de votre passé. Vous posez ainsi un ancrage sur ce type de réaction, et forcément, quoi que vous fassiez par la suite, vous allez répéter les mêmes schémas, car vous êtes conditionnés par les mêmes filtres.

Comment s’en sortir ? Demandez à Peter Pan.

Pour retourner un ancrage négatif, la meilleure méthode à utiliser est d’implémenter un ancrage positif, qui va venir petit à petit, remplacer l’ancien, et vous mettre dans une dynamique positive, vous sortant du cercle vicieux dans lequel vous vous enfoncez irrémédiablement. Mais qu’est-ce donc qu’un ancrage positif ? C’est simple, pensez à Peter Pan. Si si, essayez de vous replonger dans ce magnifique film Disney. Comment Peter Pan fait-il pour voler ? Tout bonnement, il lui faut une pensée agréable. Et plus agréable sera sa souvenance, et plus il va voler. Vous savez quoi ? Et bien pour vous, c’est exactement pareil. Si vous voulez faire avancer votre bateau, si vous voulez sortir de ces cercles vicieux dans lesquels vous semblez empêtré, alors il va vous falloir avoir des réminiscences agréables…

Voler comme Peter Pan ?

Pour ce faire, j’ai un exercice simple qui s’appelle « voler comme Peter Pan ». OK, c’est peut-être bizarre comme titre, et vous allez certainement penser que je fais appel à la part d’enfant qu’il y a en vous, mais tel n’est pas vraiment le cas. C’est un exercice d’ancrage positif, tel que j’ai pu en pratiquer lors de ma formation de coach, mais aussi tel que le présentent des auteurs comme Franck Nicolas dans son livre « Confiance illimitée », ou encore Tony Robbins dans « Pouvoir illimité – changez de vie avec la PNL ». C’est un outil de la PNL (programmation neuro linguistique), qui permet de placer un point de référence positif pour aider la personne « ancrée » à stabiliser un état particulier. Le principe n’est pas de pouvoir voler, comme Peter Pan, mais de maintenir ton attention sur une expérience ciblée, et éviter ainsi à celle-ci de dériver.

Concrètement, comment ça marche ?

Votre supérieur hiérarchique vous dégoûte. Son attitude malsaine et déplaisante tape tous les jours un peu plus sur votre patience, provoquant chez vous une grande nervosité, vous rendant maladroit, voire même parfois violent en pensée. Il s’agit ainsi de trouver un stimulus qui va vous permettre de déclencher, dans cette situation, un tout autre état d’esprit. Cela peut être un geste, tel que claquer des doigts, se toucher le lobe de l’oreille, ou la zone de la peau entre le pouce et l’index, ou encore le sifflotement de votre chanson préférée, ou une série de respirations rythmées. Le but de la manœuvre est qu’à partir de ce stimulus précis, de susciter la réaction voulut qui va vous aider à vous sortir de la conjoncture inconfortable.

Étape 1 : trouvez vos états ressources

La première étape de cet exercice est donc de faire comme « Peter Pan », de trouver votre pensée agréable. On parle aussi d’état interne positif, ou encore d’état ressource. Si vous êtes en galère pour définir cet état ressource, prenez une feuille de papier, et dressez une liste de situations précises durant lesquelles vous avez été particulièrement heureux, zen, euphorique… Bref, faites un inventaire des instants de votre vie au cours lesquels vous avez ressenti un état intensément positif. Puis, en fonction de votre problème (par exemple là, faire face à ce supérieur malsain sans lui faire ravaler ses dents), déterminez le moment, l’état qui se rapproche le plus que ce que vous souhaitez éprouver en face de votre chimère (sans passer par la case dentiste, évidemment). Vous l’avez ?

La clé d’un ancrage réussi

Avant de passer à la suite, j’aimerais vous parler de quelques clés importantes pour que cet exercice vous profite pleinement. Tout d’abord, il faut que vous ayez bien en tête que si vous voulez qu’un point d’ancrage fonctionne à 110 %, que le stimulus entraîne à coup sûr la réaction désirée, vous devez associer un état des plus intenses, du genre de ceux qui provoquent en vous un retentissement presque physique. C’est très important de bien travailler sur son état interne positif, car tel que stipulé, ce sera lui votre ressource. Si vous choisissez quelque chose qui manque d’intensité, votre ressource sera raplapla, et votre ancrage ne sera pas à même d’avoir l’efficacité attendue.

Étape 2 : plongez-vous dans votre expérience positive

Une fois que vous avez clairement défini votre état ressource, il va vous falloir vous y plonger dedans. Posez-vous dans un endroit calme où vous ne serez pas dérangé pendant plusieurs dizaines de minutes, fermez les yeux, et revivez votre état ressource, dans les moindres détails. Revoyez la scène et remettez-vous en situation. Faites mentalement le tour de tout ce que vous aviez éprouvé, les sons que vous avez entendus, les sensations que vous avez ressenties, des odeurs que vous avez perçues. Laissez venir à vous l’émotion de ce moment précis, et laissez-vous submerger. Une fois que vous avez terminé de lister tout ce que vous avez conscientisé, cessez de repenser à cette situation, et faites une petite pause d’une trentaine de secondes.

Étape 3 : votre stimulus

Il est temps de choisir le stimulus. Mais tout d’abord, qu’est-ce que c’est ? C’est un geste qui va vous permettre de représenter votre ancrage positif. Généralement, on choisit quelque chose facile d’accès, de préférence dans la partie supérieure du corps, mais qui n’est naturellement pas touché au cours de vos interactions quotidiennes, et qui ne sera donc pas parasité par des mouvements intempestifs et involontaires. À titre d’exemple, le lobe de l’oreille, la peau entre votre pouce et votre index ou prendre une grande respiration ventrale sont des stimuli uniques en leur genre qui pourront être activés discrètement par vous même en toutes situations.

Étape 4 : décollez !

Si vous avez bien tout ingurgité depuis le début de cet article, la suite ne devrait pas trop vous étonner. Vous avez votre besoin (ex : retrouver un état d’esprit positif en face d’un supérieur hiérarchique malsain et irritant), vous avez trouvé votre état ressource (ex : la sensation merveilleuse que vous avez eue la première fois que vous avez tenu votre enfant dans les bras), vous avez trouvé votre point d’ancrage (ex : un pincement de la peau entre la base du pouce et l’index). Il n’y a donc plus qu’à passer à l’action. Plongez dans votre état ressource de la façon la plus intense et précise possible. Et dès lors que cet état a atteint son intensité maximale, appuyez sur votre point d’ancrage pendant quelques secondes. Puis lâchez tout, et faites une pause en allant regarder une vidéo de petits chats, ou un de mes « Monday Boost » sur YouTube.

Étape 5 : répétez !

Vous avez réussi l’étape n° 4 ? Parfait ! Maintenant, il ne vous reste plus qu’à « ancrer » ce stimulus en vous. Pour ce faire, rien de plus simple : reprenez l’étape n° 4 calmement, en refaisant le processus de manière précise. Deux éléments fondamentaux pour la réussite de cette pratique : D’une part, la synchronisation doit être parfaite entre le moment où vous produisez votre stimulus et le moment où l’état ressource est à son point maximum d’intensité. Si vous le faites trop tôt, ou trop tard, cela aura moins d’impact. D’autre part, la répétition : pour que l’ancrage fonctionne, il faut que le stimulus soit réitéré à chaque fois de la même façon. Chaque répétition précise amplifie l’expérience de votre état ressource et augmente, comme dirait Tony Robbins, « l’intensité des sous-modalités sensorielles ».

Étape 6 : volez !

Il ne vous reste plus qu’à tester votre ancrage. Prenez tout d’abord une longue pause pour sortir totalement de cette expérience. Ensuite, faites à nouveau le vide dans votre esprit, puis activez l’ancrage. L’état ressource auquel vous avez associé l’ancrage devrait vous faire décoller sans effort. Je vous conseille de répéter ce test plusieurs fois afin que le chemin vers votre « pensée positive » se fasse naturellement et automatiquement. Enfin, faites un dernier test en vous mettant dans la situation négative de départ. Une fois que vous ressentez les effets négatifs, recherchez, activez votre ancre, et ressentez le changement d’état d’esprit qui s’opère en vous.

Levez l’ancre, et passez à l’action

Vous savez désormais ce qu’il vous reste à faire pour changer rapidement d’état d’esprit quand vous devez faire face à une situation compromettante. N’oubliez surtout pas d’activer votre ancre dès que le besoin s’en fera sentir. Sinon, vous aurez fait un peu tout cela pour rien, et vous risquez de vous exposer encore plus à un flot négatif qui peut vous porter préjudice. Voyez cela comme une sorte de super pouvoir personnel, ou comme le Bat-signal, ce phare projeté dans la nuit qui permet au super héros chauve souris de sortir pour combattre les criminels. Là, c’est un peu pareil, stimulez votre ancrage, appelez votre super héros intérieur afin de ferrailler contre l’armée de pensées négatives potentiellement dangereuses qui tente de vous attaquer.

5 éléments à retenir

  1. Pour mettre en place un ancrage, il vous faut : une situation négative potentiellement néfaste pour laquelle vous avez besoin d’un changement rapide d’état d’esprit, d’un état ressource qui vous propulse dans l’état d’esprit recherché, et d’un geste précis qui marquera l’ancrage.
  2. Pour trouver son état ressource, faites une liste des moments dans votre vie durant lesquels vous avez été particulièrement heureux, zen, euphorique… Choisissez le plus intense, ou le plus approprié au problème rencontré.
  3. Plongez-vous dans cet état ressource, et revivez-le avec le plus grand détail possible, listez les bruits, les sons, les odeurs, les couleurs, les sensations…
  4. Une fois que vous avez votre état ressource, synchronisez le pic d’intensité émotionnel avec votre ancre. Faites cela plusieurs fois pour augmenter l’intensité des sous-modalités sensorielles.
  5. Testez-le, à vide tout d’abord, puis en pensant à votre situation problématique de départ.
  6. Et surtout, n’oubliez pas de vous en servir dans la vie de tous les jours !
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