Bienvenue dans la “secte” des “vendeurs de rêves égoïstes” !

Bienvenue dans la “secte” des “vendeurs de rêves égoïstes” !

Je ne regarde plus la télévision. Je mate principalement des séries Netflix sur ma tablette (souvent au moment de repasser). Et quand j’allume mon poste, c’est pour me faire des films en Blu-ray (rarement), ou quelques jeux vidéos (extrêmement rarement). Le petit écran est un objet de décoration pour moi. Même le sport ne m’intéresse plus trop. La F1 c’est du coin de l’œil, idem pour le foot ou le basket. Évidemment, dimanche soir je n’étais pas sur mon canapé pour regarder l’émission de M6 consacrée au développement personnel. Coaching, secte, égoïsme, dénigrement… Vu la teneur de ce que l’on m’a rapporté, j’ai plutôt eu raison.

Des vendeurs de rêve…

Selon les journalistes de la 6e chaine, les coachs ou autres conférenciers en développement personnel qui sévissent notamment dans les librairies et sur le net, ne seraient que des « vendeurs de rêve ». Cela dit, le rêve tient une part importante dans le travail effectué. Le coach a besoin du rêve pour permettre au client de visualiser son objectif final, son but pour lequel il a sollicité un accompagnement. Mais le coach ne conseille pas et ne juge pas. J’ai moi-même déjà coaché un artiste, afin de l’aider à remonter la pente, alors que je n’y connais fichtrement rien à son « art ». Et le résultat s’est avéré très positif pour lui.

Le coach ne vend pas de rêve. Il ne fait qu’accompagner son coaché. Il ne promet rien. Déontologiquement, il n’a même qu’une obligation de moyens. Il est là pour entendre la demande du client, pour mettre en place les outils nécessaires pour affiner cette demande dans l’espace, le temps, et l’écologie. Puis il aide le coaché à définir ses propres stratégies, et à les suivre, grâce à l’apport de diverses techniques qu’il aura apprises au cours de ses formations ou de son expérience.

Alors non, un vrai coach ne vend pas de rêve. Il accompagne juste ses clients sur le chemin qui mène aux leurs…

… aux pratiques sectaires.

Durant ce reportage, certains noms connus sur les réseaux sociaux ont émergé. Franck Nicolas et David Laroche ont été les cibles principales des journalistes. Gourous ou imposteurs, les qualificatifs ont été largement à charge. Si l’on désigne par chef d’une secte une personne qui réunit dans une pièce des milliers d’autres pour le simple motif de leur faire du bien, que dire de Beyoncé, Johnny Hallyday ou Gad Elmaleh ? C’est pourtant la même chose : une salle, une foule, une scène et quelqu’un avec un micro qui fait vibrer les gens. M6 n’a pas encore osé dénoncer le manque de diplôme d’un Johnny pour minimiser son message et son impact, non ? Et encore moins le fait que ses fans font partie d’une secte.

Et puis, évidemment, au moment de participer au séminaire de David Laroche, l’enquêteur s’est bien gardé de s’entourer d’individus « réceptifs » au discours du conférencier. Car comme indiqué plus haut, quand on se fait coacher, c’est que l’on a une problématique à résoudre. Laisser analyser le travail de David Laroche par quelqu’un qui n’a pas besoin de ses outils, c’est un peu comme si vous amenez un aveugle voir le dernier Star Wars en 3 D. Il aura de jolies lunettes, mais elles ne lui serviront à rien.

Ainsi, la construction même du reportage a mis l’éthique et la neutralité journalistiques au placard. Tout est volontairement à charge. Mais au final, à qui profite le crime ?

Faire du buzz sur un sujet à la mode

En fait, ce reportage n’est ni plus ni moins qu’une façon pour la chaine de surfer sur une des thématiques du moment, afin d’en faire un sujet polémique. Et l’on sait très bien comment cela marche : la controverse attire le chaland. Et plus il y en a, et plus les pubs se vendent cher. Balancer des inepties, critiquer la réussite « rapide » des gens, jeter des chiffres non vérifiés pour faire croire à un travail sérieux. Tout cela n’est rien de plus qu’une savante manipulation marketing usée jusqu’à la moelle par les chaines de télévision pour faire de l’audimat. C’est exactement le même principe que ce que dénonce cette émission quand elle blâme les techniques de vente « agressives » de ces coachs sur internet.

Alors oui, Franck Nicolas parle de ses programmes et autres bouquins dans chacune de ses vidéos. Oui ses mailing-lists sont automatisées pour envoyer des flots bien ciblés de mails et préparer les prospects à acheter ses formations. Mais à ce jour, Franck Nicolas n’a pointé son fusil sur personne pour dire « abonne-toi à mes listes ». Si les gens reçoivent ses courriels, c’est qu’ils ont donné leur accord à un moment donné, en fournissant leur adresse. Et ils sont libres ensuite de se désinscrire en un clic.

Cet exemple, que l’on m’a ressorti parmi tant d’autres, montre bien le positionnement monochrome du journaliste sur ce sujet.

Les « coachs » Youtubeurs, des ennemis de la téloche ?

Alors qu’est-ce qui cloche donc ? Tout simplement, que le développement positif, qui est un des outils du coaching, vous l’aurez compris, et la télévision ne font pas bons ménages. Le petit écran créé et soutien volontairement des afflux négatifs, car c’est ce qui se vend le mieux. Une émission où tout le monde est heureux n’intéresse personne. Le drame, la critique, voire parfois l’humiliation, sont des concepts accrocheurs. Et dans leurs discours, celui de Franck Nicolas, de David Laroche ou de tant d’autres, y compris du mien, nous sommes sur la même longueur d’onde : la télévision est une des sources principales de votre mal-être.

Alors évidemment, une chaine ne peut pas parler positivement de gens qui vous conseillent de l’éteindre. Et pourtant, qui a raison ? Ces qui vous manipulent en vous diffusant des reportages ne montrant sciemment qu’un côté de la pièce ? Ou ceux qui vous expliquent que rester sur son canapé à regarder les journaux télévisés ou Hanouna est une perte de temps, nuit à votre énergie générale, et conduit à une baisse de votre moral par l’absorption discontinue d’images négatives et débilitantes.

Réussite rapide, flux d’argents en masse, followers en quantité, ventes conséquentes, et conseils récurrents de « détox médiatique », les « coachs » Youtubeurs ont ainsi largement de quoi rendre jalouses les télévisions…

Traiter du coaching sans aucune réflexion

Je me permets ici de faire un distinguo : David Laroche  n’est pas un coach mental. Il peut en prendre la casquette, lorsqu’il accompagne des clients individuellement. Idem pour Franck Nicolas. Mais la face émergée de l’iceberg, ce que l’on voit sur YouTube ou les réseaux sociaux, ce n’est pas du vrai « coaching ». Ça rentre plutôt dans le cadre de la conférence, ou du webinaire comme aime le dire Franck Nicolas assez souvent. Car dans leurs vidéos et autres programmes, on est dans une logique de conseil, qui n’est pas dans les préceptes du coaching. Et déjà là, faire l’amalgame montre bien le manque de recul de l’analyse journalistique sur ce sujet.

Et pourtant, de nos jours, on attribue le terme de coaching à tout et n’importe quoi. Dès que l’on accompagne quelqu’un, on fait du coaching. Dès que l’on a lu deux bouquins de Tony Robbins et vu trois vidéos sur la PNL, on se prétend coach. Oui, l’émission a raison sur un point : des coachs autoproclamés sans aucune qualification, on en croise à tous les coins de rue. Comme le dit souvent Franck Nicolas, même ma boulangère est coach !

Malheureusement ce message là, pourtant important, est balancé au milieu de chiffres sans nuances, sans prise de recul, sans aucune valeur ajoutée autre que celle de nuire, encore.

Ce qu’aurait pu faire M6

Dans son programme monochrome et volontairement à charge, M6 n’a eu qu’à envoyer ces chiffres pour attiser un peu plus le feu. Mais une vraie émission, avec une vraie enquête et une vraie analyse, elle aurait pointé du doigt le fait que cette situation nuit aux « vrais » coachs. Ceux qui se sont formés pour cela. Ceux qui ont des diplômes et des certifications, ceux qui ont l’expérience du coaching au quotidien. Ces gens qui ont acquis les fondamentaux et les techniques du métier. Car être coach mental est une vraie profession. C’est comme être comptable ou pâtissier. Tout le monde peut essayer de faire semblant 10 minutes, mais au final, le résultat court à la catastrophe.

Et je suis bien placé pour le savoir, car j’ai moi-même passé une formation avec un examen au bout, dans le but d’obtenir un diplôme. Car cette certification est à mon sens essentielle et indispensable afin de m’établir en tant que coach. Sans cela, je n’aurai été qu’un imposteur, qu’un apprenti sauveur qui aurait fait beaucoup de dégâts auprès de ses clients, et auprès de moi-même aussi.

Comment détecter un bon coach ? Comment choisir l’accompagnement idoine ? Voilà une piste qui aurait été utile et judicieuse dans cette émission de télé. Mais pour cela, il aurait fallu vouloir aider les gens, au lieu d’uniquement leur envoyer dans les yeux un procès à charge. 

Qu’est-ce donc que le coaching ?

Mais pour cela, il aurait fallu que le journaliste auteur de ce document à charge prenne le temps de bien comprendre et saisir ce qu’est le coaching. « To coach » signifie « accompagner, conduire ». Ainsi le coaching est différent du conseil et ce n’est pas non plus une thérapie. Le coach n’accompagne pas des patients, mais des clients. De la même manière, il ne traite pas les troubles psychiques.

C’est un processus d’entretiens qui repose sur une relation de collaboration, centrée sur des objectifs à atteindre et structurer de façon telle qu’il permette, grâce à l’art du questionnement et aux compétences du coach, de révéler les potentiels, de faire émerger le « super-héros » qui se trouve en chacun de vous, d’augmenter son niveau de performances et de passer à l’action.

Le coaching est ouvert à tout le monde, managers, sportifs, étudiant, retraité, fonctionnaire, agriculteur. Il peut être personnel, ou intégré à l’entreprise, afin de booster les réussites individuelles ou collectives. Le coach ne conseille pas. Le coach ne sauve pas. Il accompagne le client vers sa solution de son problème.

Développement personnel et croyance populaire.

De façon plus générale, au lieu de faire une émission de qualité avec des astuces, des clés, opposant le pour et le contre, la chaine a préféré faire le buzz en surfant sur la vaguelette de l’incompréhension liée au coaching et au développement personnel. C’est la solution de facilité. Car pas besoin d’aller trop loin pour trouver des interrogations et des inquiétudes inhérentes à ce sujet. J’ai même certains de mes amis les plus proches qui m’ont posé ce genre de question : toi aussi tu t’es abonné au compte Twitter de ce gourou ? Elle consiste en quoi la secte sur laquelle tu postes des messages sur Facebook ? À toujours penser qu’à soi, ton truc c’est quand même vachement égoïste non ?

La croyance populaire fait son lit de l’inconnaissance. C’est parce que les personnes ne savent pas qu’elles jugent de la sorte. L’ignorance mène bien souvent à la peur, qui conduit aux opinions négatives. Dès que l’on parle du mental, on entend du mystique, du fumeux. Dès que l’on mentionne les affirmations, la réussite ou le bonheur, on touche à l’inaccessible, donc à la fumisterie. Et pourtant, des coachs qui aident les gens à se sortir de mauvaises passes, ou à adopter la bonne attitude pour leur carrière, il y en a des tas ! Moi le premier.

Ainsi, au lieu de charger les coachs et de mettre tout le monde dans le même panier, M6 aurait été plus inspirée de mieux fait de faire un peu d’information pure, voire même un peu de pédagogie

L’optimisme est une forme supérieure de l’égoïsme.

Un autre terme qui revient souvent sur la table, c’est l’égoïsme. Un adepte du développement personnel est quelqu’un qui ne pense qu’à lui, qu’à son rituel, et qui s’enferme dans une bulle sans penser aux autres. Alors effectivement, dans « développement personnel », on trouve bien le mot « personnel ». On ne parle pas là de développement « collectif », mais bel et bien de quelque chose qui se fait pour soi (même si le faire en collaboration avec les autres est un accélérateur incomparable).

Malheureusement, pour nombre de gens, les 95 % chers à Hal Elrod, ceux qui aiment baigner dans la médiocrité et qui ne jurent que par leurs croyances limitantes, quand on pense à SOI, on est égocentrique… Pour ces gens-là, cette formule mathématique : travailler sur soi = être égoïste, est encore plus immuable que le théorème de Pythagore, vous savez, ce brillant esprit grec.

Rassurez-vous, ce n’est pas vrai ! C’est même carrément tout le contraire.

Le plus grand voyageur n’est pas celui qui a fait 10 fois le tour du monde. Mais celui qui a fait une seule fois le tour de lui-même.

Petit exemple concret : avez-vous déjà pris l’avion ? Pour ceux (fort nombreux d’ailleurs), qui sont déjà montés en avion, vous savez qu’en cas de dépressurisation de la cabine, vous devez mettre un masque à oxygène. Et les consignes de sécurité avancent clairement que vous devez d’abord vous équiper, avant de vous occuper des autres, des enfants par exemple.

Pourquoi ? Parce que si vous aidez d’abord vos proches, et que vous tombez dans les pommes par manque d’oxygène, vous ne pourrez plus sauver personne. Tandis que si vous mettez le masque en premier, vous pourrez ensuite porter secours à tous ceux qui ont besoin, étant vous même déjà en sécurité. Il ne s’agit donc pas là de geste purement égoïste, moi d’abord et les autres ensuite, mais d’un plan de sécurité.

Le développement personnel, c’est exactement pareil. C’est faire en sorte d’être la meilleure version de soi-même, afin de pouvoir ensuite rétribuer auprès de vos proches.

Ne vous évertuez pas à impressionner les autres. Attachez-vous simplement à enrichir leur existence.

Autre image qu’il faut tuer dans l’œuf : les gens qui font du développement personnel ce sont les membres d’une secte. Et cette image négative est renforcée par certaines pratiques des grands mentors, tels que Tony Robbins ou Franck Nicolas, qui dans leurs évènements live, utilisent quelques techniques de conditionnement mental sur leur public, qui les font passer pour de véritables gourous…

Malheureusement, telle est la triste vérité. Dès que des personnes se rassemblent autour d’une philosophie commune, cela devient une secte. Plus la pensée est différente des filtres et des croyances collectives, et plus ça marche. Idem pour le nombre d’adeptes. Ainsi, le mot secte est presque devenu une insulte dans la bouche de certains.

Et force est de constater que la progression constante de la quantité de gens qui recherchent « la meilleure version de soi-même », l’effet secte ne devrait pas s’estomper de si tôt.

Ne laissez pas les croyances limitantes des autres restreindre ce qui est possible pour vous.

Pourtant, que devrait-on dire de tous ceux qui croient en une personne qu’ils n’ont jamais vue, qui se rassemblent dans des lieux communs de façon régulière, qui s’adonnent à des rituels chargés de symboles ? Cette définition est valable pour les membres du culte des Jedi, pour les chrétiens, les musulmans, pour les scientologues, le Ku Klux Klan ou même tous ceux qui croient au père Noël !

Ainsi, point de secte ni d’égoïste dans le développement personnel. Juste un réajustement de la façon de pensé pour sortir du troupeau de la médiocrité, une volonté de suivre ceux qui réussissent et d’arrêter de se plaindre que « la vie elle est trop dure », ou que « la neige elle est trop molle ». Une envie de pouvoir dire, plus tard sur son lit de mort, qu’on est fier d’avoir accomplit nos rêves, et ne pas faire comme 95 % des gens, de regretter tout ce qu’ils n’ont pas fait. La vrai secte elle est là. Celle de ces gens qui veulent vous tirer vers le bas par leur jugement, leurs croyances, et leurs préjugés négatifs.

Car nous n’avons qu’une vie, et il ne tient qu’à nous de faire en sorte qu’elle soit pleine et réussie !

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